18 trous, 2 hectares à l’hippodrome de Boitsfort, le mini-golf Drohme fait débat, ce que la nature doit affronter

Par Produits BIO

À l’hippodrome de Boitsfort, à Bruxelles, l’ouverture d’un nouveau mini-golf porté par Drohme ravive une controverse ancienne, celle de l’équilibre entre loisirs et protection de la nature sur un site déjà très fréquenté. Le projet, présenté comme une activité familiale accessible et intégrée au parc, suscite des critiques d’associations et de riverains, qui redoutent une pression supplémentaire sur les milieux naturels et une transformation progressive du lieu.

Le débat dépasse la simple question d’un parcours de golf miniature. Il interroge la trajectoire d’aménagement de l’ancienne enceinte hippique, devenue un espace hybride où coexistent promenades, activités sportives et événements. Dans ce contexte, chaque nouvelle installation est scrutée, tant pour ses effets directs sur la biodiversité que pour ce qu’elle annonce en matière de modèle économique, de fréquentation et de gouvernance du site.

Drohme installe un mini-golf sur le site de l’hippodrome

Le mini-golf constitue l’une des nouvelles propositions de Drohme au sein de l’hippodrome de Boitsfort, un espace qui a changé de vocation depuis l’arrêt des courses. L’exploitant met en avant une offre pensée pour un public large, familles, groupes, écoles, et un aménagement présenté comme réversible, avec une emprise limitée. Dans sa communication, l’objectif consiste à diversifier les usages sans fermer le site, en maintenant une logique d’accès et de promenade.

Sur le terrain, les opposants ne se limitent pas à critiquer l’activité en tant que telle. Ils s’attachent au cumul des transformations, nouvelles infrastructures, augmentation de la fréquentation, multiplication d’animations, et à la manière dont ces éléments modifient l’expérience du lieu. Plusieurs riverains disent craindre une évolution vers un parc de loisirs, davantage orienté vers la consommation et la billetterie que vers la quiétude et la respiration verte.

La question de la fréquentation revient régulièrement dans les échanges. Un mini-golf attire un public différent de celui des promeneurs, avec des pics d’affluence possibles les week-ends et pendant les vacances. Cela implique des enjeux concrets, gestion des flux, bruit, propreté, cohabitation avec les cyclistes et marcheurs, et pression sur les zones les plus sensibles. Les critiques soulignent que l’impact ne se mesure pas uniquement en mètres carrés artificialisés, mais aussi en intensité d’usage.

Du côté de l’exploitant, l’argumentaire insiste sur la compatibilité avec un site ouvert, avec des aménagements encadrés et une volonté de canaliser les visiteurs vers des espaces dédiés. Le mini-golf est présenté comme une activité qui peut limiter la dispersion du public dans les zones plus fragiles, en offrant un point d’attraction structuré. Cette logique reste contestée, car elle repose sur des hypothèses de comportement des visiteurs difficiles à vérifier sans suivi indépendant.

Associations et riverains alertent sur la biodiversité à Boitsfort

Les inquiétudes exprimées par des associations de défense de l’environnement et des habitants portent d’abord sur la biodiversité et sur la fragmentation d’habitats déjà soumis à des pressions urbaines. Le site de Boitsfort s’inscrit dans un environnement où la présence de zones boisées et de clairières joue un rôle de refuge pour la faune, notamment oiseaux, petits mammifères et insectes. Les opposants estiment qu’ajouter des activités payantes peut renforcer une dynamique d’occupation permanente, au détriment des périodes de calme nécessaires à certaines espèces.

Un autre point de crispation concerne la méthode. Plusieurs acteurs réclament des garanties, études d’incidences, indicateurs de suivi, et un cadre clair sur ce qui peut encore être implanté. L’enjeu est celui de la gouvernance, qui décide, sur quels critères, avec quelle transparence. Dans ce type de dossier, la confiance se construit souvent sur la publication de données, par exemple des inventaires naturalistes, des mesures de bruit, ou des plans de circulation, et sur la possibilité pour des tiers de les discuter.

Les défenseurs du projet rappellent que l’hippodrome a déjà connu une longue période de fermeture partielle et qu’une reconversion suppose une viabilité économique. L’argument consiste à dire qu’un site entretenu, animé et financé est moins exposé à l’abandon, au vandalisme ou à des usages non maîtrisés. Les opposants rétorquent que la viabilité peut aussi passer par des activités à faible impact et par une priorité donnée aux fonctions écologiques, surtout dans une ville dense.

Le débat révèle une tension classique dans l’aménagement urbain, comment concilier des attentes sociales, accès à des loisirs de proximité, activités intergénérationnelles, avec des impératifs de protection de la nature. À Boitsfort, la discussion se cristallise sur le mini-golf, mais la question centrale reste la trajectoire d’ensemble, quels seuils d’équipement, quelles zones sanctuarisées, quelles limites de fréquentation, et quels mécanismes de contrôle, alors que l’évolution du site reste incertaine.

Questions fréquentes

Pourquoi le mini-golf de Drohme à Boitsfort suscite-t-il des critiques ?
Des riverains et associations craignent un effet cumulatif sur le site de l’hippodrome, avec davantage de fréquentation, de bruit et de pression sur la biodiversité. L’exploitant met en avant une activité familiale encadrée et une reconversion économiquement viable, mais le désaccord porte surtout sur les limites à fixer et sur le suivi des impacts.
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