Sur rts. ch, l’émission Grandir s’inscrit dans la tradition du service public suisse, raconter des trajectoires individuelles pour éclairer des réalités collectives. Le programme se concentre sur l’adolescence, période où se concentrent des tensions classiques, rapport au corps, identité, pression scolaire, vie numérique, et où les signaux de fragilité psychologique peuvent devenir plus visibles. Le format, accessible en ligne, mise sur des situations concrètes et des paroles de jeunes, avec une mise en scène qui cherche l’équilibre entre proximité et pudeur.
Ce type de contenu se situe au croisement de plusieurs attentes. D’un côté, les familles et les professionnels de l’éducation recherchent des repères fiables sur des sujets sensibles. De l’autre, le public adolescent attend des récits crédibles, loin des caricatures. Dans ce cadre, RTS assume un choix éditorial, donner à voir des expériences réelles, en gardant un cadre journalistique, contextualisation, recours à des intervenants, et prudence sur les images et les informations personnelles.
RTS cadre Grandir autour d’école, famille et réseaux sociaux
Le premier marqueur de Grandir tient à sa manière d’articuler des scènes de vie avec des thèmes identifiables, école, famille, réseaux sociaux, et parfois la santé. Les séquences montrent des moments ordinaires, une discussion à la maison, un trajet, un échange avec des camarades, un rendez-vous, pour rendre lisibles des enjeux souvent abstraits. Le choix de l’ordinaire permet de faire émerger des détails, fatigue, irritabilité, isolement, conflits, ou au contraire stratégies d’adaptation, soutien d’un adulte, rôle d’un ami, effets d’un cadre stable.
Sur le volet scolaire, le programme met en avant des situations fréquentes, charge de travail, orientation, évaluations, et la comparaison permanente entre pairs. Dans les témoignages, la réussite n’apparaît pas seulement comme une question de notes, mais comme un facteur d’estime de soi et de place dans le groupe. Cette approche rappelle que la pression n’est pas uniquement institutionnelle, elle circule aussi via les discussions entre élèves, les attentes perçues, et les projections sur l’avenir. La série donne un matériau utile pour comprendre comment se fabrique la pression au quotidien, sans réduire l’analyse à une opposition entre bons et mauvais élèves.
Le second axe, la famille, est traité comme un espace ambivalent, soutien et conflit. Les scènes de dialogue montrent des incompréhensions typiques, autonomie réclamée, règles domestiques, horaires, écrans, et parfois des sujets plus lourds. Le dispositif met l’accent sur la communication, ce qui peut aider à sortir d’un face-à-face stérile. Mais cette mise en récit rappelle aussi une limite, certaines situations familiales ne se résolvent pas par une simple discussion, notamment quand des fragilités économiques, des séparations difficiles ou des violences sont en jeu.
Les réseaux sociaux apparaissent comme un accélérateur, exposition au regard des autres, rumeurs, comparaison, et circulation rapide d’images. Le programme évite généralement de présenter le numérique comme un bloc homogène, en montrant des usages variés, sociabilité, information, divertissement, mais aussi anxiété et sursollicitation. Pour le public, l’intérêt est de visualiser des mécanismes concrets, l’effet d’une notification sur l’attention, la peur de manquer quelque chose, ou la difficulté à se déconnecter quand le groupe se coordonne en ligne.
Dans l’ensemble, RTS adopte un cadrage qui privilégie la compréhension plutôt que le jugement. Cette posture renforce la portée pédagogique du programme, mais elle suppose une vigilance, ne pas lisser les contradictions. Les adolescents peuvent se montrer lucides sur leurs difficultés tout en reproduisant des comportements à risque, et les adultes peuvent vouloir aider tout en aggravant la pression. Le format gagne en crédibilité quand il laisse apparaître ces tensions, plutôt que de les résoudre par une narration trop propre.
Grandir aborde la santé mentale avec témoignages et prudence éditoriale
La dimension la plus sensible concerne la santé mentale, sujet devenu central dans le débat public, y compris en Suisse. Grandir s’appuie sur des témoignages qui donnent une épaisseur humaine aux mots souvent utilisés de manière vague, anxiété, mal-être, fatigue, perte de motivation. Le récit audiovisuel permet de faire sentir ce que des statistiques ne montrent pas, la difficulté à se lever, la tension avant un cours, la sensation d’être à côté. Pour une partie du public, cette représentation peut réduire la honte et encourager la demande d’aide.
Le choix du témoignage comporte aussi un risque, l’identification. Plus un récit est incarné, plus il peut toucher des jeunes déjà fragiles. La responsabilité éditoriale se mesure donc à la présence de garde-fous, contextualisation par des faits, rappel des ressources disponibles, et distinction entre une expérience individuelle et une règle générale. Lorsque l’émission met en regard des paroles de jeunes et des éclairages d’adultes, elle renforce la compréhension des mécanismes, sommeil, rythmes, charge cognitive, effets de la comparaison, et place des écrans dans l’hygiène de vie.
Un autre point d’attention est la frontière entre information et intimité. Filmer un adolescent dans une période instable pose des questions de consentement, de temporalité, et de conséquences futures, notamment lorsque les contenus restent accessibles en ligne. rts. ch s’inscrit dans un cadre de médias publics, où la protection des personnes filmées et la modération des détails identifiants sont des exigences fortes. La crédibilité du programme dépend de cette retenue, montrer sans exposer, raconter sans enfermer.
Sur le plan social, la série rappelle que la santé psychique n’est pas seulement une affaire individuelle. Les facteurs de contexte comptent, climat de classe, discriminations, précarité, trajectoires migratoires, et accès aux soins. Quand ces dimensions apparaissent, même en arrière-plan, le spectateur comprend mieux pourquoi les solutions ne se limitent pas à se ressaisir. Le programme contribue alors à une lecture plus réaliste, où la prise en charge peut combiner soutien familial, ajustements scolaires et accompagnement professionnel.
Enfin, Grandir participe à une évolution du traitement médiatique de l’adolescence, moins spectaculaire, plus documentée. Ce positionnement n’empêche pas les critiques, certains y verront un format encore trop centré sur des profils capables de verbaliser, d’autres jugeront la mise en scène trop douce. L’intérêt journalistique se situe dans ce compromis, rendre visibles des vécus, ouvrir une discussion collective, et laisser au public des éléments concrets pour interpréter, plutôt qu’une morale prête à l’emploi.
Questions fréquentes
- De quoi parle l’émission Grandir sur rts.ch ?
- Grandir est un programme de la RTS disponible sur rts.ch qui s’appuie sur des témoignages et des situations concrètes pour éclairer l’adolescence, notamment les rapports à l’école, à la famille, aux réseaux sociaux et aux questions de santé mentale, avec un traitement journalistique qui cherche à contextualiser sans dramatiser.
- À Tru Van Tho, la culture high-tech du melon redessine l’agriculture locale au Vietnam - juillet 31, 2026
- Canicule : des écorces de pastèque au pied des tomates, une technique simple contre le stress hydrique - juillet 31, 2026
- À Fesmy-le-Sart, Morgan Hennechart cultive Ô Potager et forme les jardiniers du quotidien - juillet 31, 2026