Gael ROULLEAU : Conversion Bio à partir du 15 Mai 2020

Le bio en Europe, évolution positive
Le bio en Europe, évolution positive

Gael ROULLEAU passe au bio

Conversion Bio à partir du 15 Mai 2020. Gael Roulleau nous expose les raisons et les craintes de cette conversion Bio. Installé en 1993 dans les Deux-Sèvres (Nouvelle Aquitaine),

Qu’est-ce qui vous a amené à l’Agriculture Bio ?

Gael roulleau BIO
Ferme dans les Deux-Sèvres

Gael Roulleau : Ce métier me passionne, il a du sens. Nourrir les autres, nos enfants et les enfants des autres est une vraie passion. Je vivais assez mal les contraintes croissantes sur l’usage des produits phytosanitaires en agriculture conventionnelle, mes revenus se dégradaient, et, les relations avec nos concitoyens devenait difficile. J’ai décidé de convertir mon exploitation à l’agriculture biologique en 2019, alors que les cours du blé tendre en conventionnel étaient assez bas : les perspectives de rémunération bio apparaissaient meilleures. Mes équipements en irrigation et en stockage, anciens mais performants, sont un atout en Agriculture Biologique.

Comment organiserez-vous vos productions ?

G.R. : Produire en Agriculture Biologique nécessite de diversifier et d’allonger la rotation. J’ai décidé d’axer ma production sur les légumes secs (lentilles ou haricots), destinés à l’alimentation humaine. Le haricot vert arrivera dans un second temps.

Côté céréales, grâce à l’irrigation, le maïs qui avait disparu reviendra en tête de rotation,  j’introduis aussi le triticale, cultivé en seconde paille : ces 2 cultures serviront à l’alimentation des volailles bio. Le maïs plante sarclée est plus facile à désherber qu’un blé, le triticale est moins exigeant en azote qu’un blé tendre et résiste mieux à la pression des adventices.

Prenant en compte le développement récent du marché de l’orge de brasserie bio, je vais produire de l’orge de printemps brassicole.

 

 Selon vous, qu’est-ce qui va le plus changer dans votre travail au quotidien ?

epandeur fumier bio

Gael Roulleau :  La maîtrise des adventices m’inquiète beaucoup, je me prépare au mieux aux binages et hersages qu’il faudra faire, mais je sais que je dois m’organiser encore mieux afin de ne pas être débordé par les adventices. Aussi, faute de traitements contre les maladies, il faudra trouver les variétés Agriculture Biologique tolérantes aux maladies tout en adaptant les rotations de cultures.

Pour la partie engrais organique, j’ai la chance d’avoir un partenaire avec qui j’ai signé un contrat d’apport sur 5 ans. Il me faudra équilibrer les exportations de phosphore par des apports de fertilisants organiques à base de fientes de volaille (riches en azote et en phosphore). Je fertiliserai en fin d’été ; cela fonctionne mieux qu’un apport au printemps, qui profite d’abord aux adventices présentes. Pour ce qui est de la potasse, nos sols sont naturellement assez bien pourvus et la fiente en apporte aussi.

 

 Avez-vous des craintes quant à l’évolution de vos performances ?

Gael Roulleau. : Oui, les collègues qui se sont convertis ont vu les rendements en céréales divisés par deux. Le résultat en légumineuses affiche une baisse de l’ordre de 50 %, mais la luzerne produit autant en AB qu’en conventionnel.
Le manque d’azote est la cause principale de la baisse des rendements, mais la maîtrise de l’enherbement représente mon plus gros défi. La flore adventice est très variée mais les chardons, la folle avoine et autres graminées (Ray-grass, Vulpin, Vulpi) sont les plus préoccupants. L’écimage évite d’augmenter le stock grainier mais ne limite pas la concurrence exercée par les adventices. En cas de forte invasion de chardons, la meilleure arme est la luzerne, qui en vient à bout au terme de trois ans. En revanche, pendant ce temps, le rumex prolifère.

Malgré des rendements estimés deux à trois fois moins élevés qu’en conventionnel et une charge de travail plus importante, le bilan économique escompté va dans le bon sens car les prix sont stables sur les 5 prochains années en même temps, la demande des consommateurs est là.

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